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1er décembre 2015

S’asseoir sur des pierres lisses au bord du Rhône, écouter l’écoulement de l’eau les yeux fermés en compagnie du soleil qui réchauffe ton visage souriant, l’esprit vide, le cœur heureux. Quelqu’un vient en silence, se pose près de toi, profite également du soleil et s’en va sans ne rien dire.

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Tout est prenant, les lumières et les ombres en mouvement, les ambiances, le son de la veste et le tintement des pièces dans la poche pendant que tu marches, le bruit des voitures qui passent au loin, les gens qui te saluent, les montagnes enneigées, le ciel et les nuages, l’eau scintillante dorée par soleil, l’air frais, le froid, les oiseaux, le silence… tout en est perpétuel mouvement, c’est d’une jouissance infinie.

Mais qu’est ce qui fait qu’on apprécie intensément la vie comme cela ? C’est la qualité d’esprit, la tranquillité, la sensibilité, l’ouverture. La vie est une œuvre d’art et pour l’apprécier il faut l’écouter avec tout notre être, s’en imbiber complètement, y être sensible.

Et les gens sont magnifiques, ils te disent bonjour, te sourient, enlèvent des marrons qui obstruent la route, la gratitude envers le conducteur du bus qui transporte les passagers, l’ombre de ton corps sur le chemin, les feuilles mortes, la richesse infinie des ambiances, et des situations… chaque instant est unique.

La grand-mère qui traverse lentement la route avec son petit-fils plein de vie, l’effervescence dans les grands magasins que tu traverses avec joie, sans aucun but. Un homme te salue, et cela fait au moins quinze ans que tu ne l’as pas vu, il se souvient toujours de ton nom, tu lui tends la main, lui fais un grand sourire, tu es ouvert, calme et tout est beau, paisible.

Le monde est un reflet de ton état d’être, tout est tellement tranquille, lumineux… et drôle ! Écouter la vendeuse vanter ses produits à une petite vieille, leur conversation, tout est si riche et doux, comment se fait-ce ?

Pas de fuite, pas de réaction, tu es totalement avec ce qui est, les bip-bip aléatoires des marchandises qui passent à la caisse, le roulement des chariots, le bruit des sacs plastiques et des cartons, le coin des femmes, parfums et maquillages… chaque scène vibre d’une ambiance unique et similaire à la fois.

Tu sors, la beauté est la même mais l’atmosphère est totalement différente, le soleil couchant a déjà tout transformé, pourtant rien n’a changé.

Repos

Hier vers 22:00 j’ai naturellement entrepris de faire un jeûne sec, c’est-à-dire que je me suis arrêté de boire, de manger, et d’avoir le moindre contact avec de l’eau. L’organisme se repose ainsi totalement de temps en temps, on sent qu’il se nettoie tout seul, qu’il déplace des choses, les élimine, qu’il fait le ménage.

Ce matin à 11:00 je pesais 72.5 kg, à 13 :00, quinze heures après avoir commencé, ça va très bien, très calme, bonne énergie, pas faim, pas soif. On se sent plus léger, le corps est plus fluide, l’attention est plus présente, les pensées plus rares.

A 16:39 j’ai mesuré 48 pulsations par minute. J’ai écouté de la musique et c’est comme si elle m’absorbait plus que d’habitude, c’est plus prenant, l’esprit est très calme. Le corps travaille au niveau du ventre, des intestins, et les articulations sont vraiment très légères, souples. Tout est plus présent, plus lumineux, plus coloré. Il y a eu des moments où j’ai eu des envies de prendre un bain bien chaud, de boire de l’eau, un jus de carottes, ou encore de manger du melon, ces envies sont passées. Une présence intensément douce s’est installée, les couleurs sont vibrantes, brillantes, lumineuses, l’automne est magnifique, le coucher du soleil, le ciel bleu, les nuages violets, la lune presque pleine, les corbeaux qui volent de ci de là…

A 18:00, après vingt heures de repos, sans boire ni manger, l’énergie se réveille naturellement, sans effort, le corps est joyeux, bouge de lui-même, s’étire, danse, fait du trampoline, des pompes, avec beaucoup plus d’aisance que d’habitude.

Aujourd’hui, le 26.10.2015 à 6:30, je pesais 71.3 kg et mon pouls était de 55 pulsations minutes. J’ai été au toilettes, l’urine était foncée et les selles bien moulées. J’ai recommencé à boire de l’eau après 36 heures environ, je vais boire tranquillement environ un litre d’eau ou plus, et plus tard je mangerai un peu de melon et ce sera tout, il faut reprendre doucement, ça fait du bien. Après avoir amoureusement mangé un melon j’ai été trois fois aux toilettes pour évacuer, en l’espace d’une ou deux heures environ, on se sent super bien, l’esprit calme, clair, léger, plein d’énergie, les couleurs sont claires, lumineuses… c’est comme une purge à l’amazonienne mais sans rien.

Les jours suivants, en continuant une diète basée essentiellement sur les fruits et des salades / légumes de temps en temps, en ne rien mangeant du soir jusqu’au lendemain midi, l’énergie à décuplé, c’est incroyable comme le corps a besoin de peu pour fonctionner parfaitement.

Centre

Une paix totale, pur bonheur, rien d’autre, vide absolu, le noir complet, aucune couleur, aucun son, aucun goût, aucune odeur, rien de palpable, aucune pensée, ni image, ni émotion, ni sentiment, ni objet, ni personne, rien, que l’être pur sans sens d’un « je suis », félicité infinie.

Soudain le monde apparaît, le corps auquel on s’identifie d’habitude est perçu allongé en train de dormir, la conscience pleinement présente, sans centre, sans être identifiée à quoi que ce soit.

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A un moment le corps s’est réveillé, un centre a émergé dans cette infinité, et ce centre a dit « je ». Lorsque le centre est apparu, une sensation désagréable de limitation est apparue, une sensation presque étouffante. Il n’y avait que l’être pur, impersonnel, et lorsque le « je » s’est manifesté, le temps, l’espace et la division se sont manifestés.

Dans le schéma ci-dessus le cercle blanc est le centre, le « je » illusoire personnel et limité qui a émergé de l’être-conscience-témoin-pur-impersonnel-infini. Lorsque l’illusion « je » a émergé, l’illusion « non-je » a émergé également, donc division et espace-temps. Dans cette plénitude infinie il n’y avait pas la sensation d’un centre, il n’y avait pas de temps, ni espace, ni autre.

Le « je » est un « jeu », c’est une illusion. Il y a un corps, une forme, une mémoire, et tout ça dit « je ». Nous ne sommes plusieurs « je » qu’en apparence, mais on peut vivre libres du centre, comme si on n’était plus vraiment identifié au corps, à la forme, à la mémoire. On est simplement l’Esprit, pas « mon » esprit, mais l’Esprit, notre Esprit qui est tout, l’Être. Et cet Esprit anime nos corps, des interfaces organiques qui lui permettent d’expérimenter sa création en fonction de leurs particularités, la mémoire est utilisée quand il y a besoin, mais ce n’est pas « je », la mémoire est simplement comme le disque dur du corps, elle emmagasine tout ce que l’organisme à vécu durant sa vie. Le centre est une limitation entretenue par la pensée, par notre ignorance, et la souffrance ainsi que la plupart les problèmes que nous avons viennent du fait que l’on identifie à cela.

Concrètement, libres du centre, quand le centre s’efface, n’agit plus, le monde reste tel qu’il est, mais une Intelligence totalement différente prend le relais, la conscience est alors totalement différente, lumineuse, vivante, et le monde le devient aussi, comme si une lampe éteinte s’allumait, nous sommes heureux sans raison, l’esprit est frais, présent, sans passé, sans futur, joyeux, et plein d’amour, jouissant de sa propre création, de tout ce qui se passe, sans peur de vivre ni de mourir. Il n’y a jamais rien qui est né ni rien qui est mort, ça aussi c’est une illusion du mental, mais ça fait partie du jeu.

Oui, il est évident que tout cela ne change pas le prix du beurre, mais ça change tout parce que la vie est alors vécue comme une œuvre d’art extraordinaire, miraculeuse, et on ressent dans toutes nos cellules le Mystère et la beauté infinie de sa Création, c’est proprement hallucinant. En cela il n’y a aucun profit matériel mais une absolue extase de l’être dans un monde qui a l’air comme allant de soi pour la plupart mais qui est en fait un miracle absolu, une merveille infinie, à un tel point que je me demande s’il est convenable d’écrire là-dessus tellement que les mots semblent dérisoires.

Essence

Sur cette sublime planète la plupart des humains parlent d’amour en parlant d’exploitation mutuelle, de possession, de jalousie, de désir, d’attirance, de sexe, d’attachement, de manque, de peur de perdre, de ne pas être au centre de l’attention de l’autre, d’en exiger quelque chose, ou bien on aime l’autre pour une ou des raisons particulières, tout cela n’a rien à voir avec l’amour.

L’amour ne demande rien du tout, il est, il rayonne, ne choisit pas, agit avec sa propre intelligence, en dehors de l’activité mentale, dans l’amour il n’y a ni autre ni soi.

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L’amour est l’intelligence suprême, et de cette intelligence jaillit une action spontanée débordante d’une chaleur lumineuse qui imprègne l’être dans sa totalité, une action dégageant une énergie fluide, douce, lumineuse, légère, harmonieuse, pleine de joie et d’humour, une intelligence infiniment au-delà de la pensée, de la morale, de l’éthique et de tout ce que le mental peut concevoir comme convenable.

Être-Amour est notre pure essence, notre nature, et cette nature peut atteindre une intensité impensable, inimaginable, où l’énergie coule à flots,  d’une richesse infinie, d’une subtilité divine, d’une sensibilité extraordinaire, explosant de vie dans le présent, complètement libérée du passé ou du futur, qui ne veut rien, qui ne désire rien, qui ne cherche rien, qui ne s’identifie à rien, dans laquelle tout est un et sacré, frais, nouveau, lumineux et exquis, un ravissement infini et éternel que rien ne peut égaler ni corrompre.

Conscience et expressions

Conscience, il n’y a que la Conscience et ses expressions. Les êtres sont ses expressions, tout le monde sensible est son expression. Ses expressions apparaissent et disparaissent, naissent et meurent, mais la Conscience ne naît ni ne meurt, c’est d’une évidence joyeuse absolue, les expressions n’ont absolument rien à craindre.

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La Vie est une œuvre d’art crée par cette Conscience, avec ses expressions artistiques qui émergent et qui se dissolvent. L’infinité des expressions que la Conscience  anime perçoivent la vie d’une infinité de manières.

La nature de cette Conscience est pure intelligence, pur amour, une nature exaltée. L’expression humaine, entre une infinité d’autres,  permet d’être conscient de cette Conscience, elle peut aussi ne pas être conscient de la Conscience, perdue dans les phénomènes, les désirs, les attachements, les objets, le devenir, etc.

Le bonheur, l’amour, la plénitude sont dans cette Conscience, en elle il y a non attachement, pas de lien, pas de dépendance, pas de peur, mais amour, liberté, radiance, joie, bonheur, détente, paix, espace, partage, jeu, sourire intérieur, humour, légèreté, insouciance, droiture… une qualité d’être divine, pleine de grâce.

Il me semble important d’honorer cette Conscience, d’être une belle expression, même si l’expression et la Conscience sont le même être. Mais disons, pour simplifier, qu’il me semble important d’honorer son Père ou sa Mère, d’honorer cette perfection, ce mystère, par notre impeccabilité, notre pureté, notre sincérité, notre bon cœur.

La véritable sagesse ainsi que la plénitude sont dans cette Conscience et non dans l’accumulation de savoir ou dans les phénomènes.

Que reste-t-il ?

Que reste-t-il de toutes nos histoires ? Rien. On revient toujours à rien, sans désir, sans attachement, sans passé, sans futur, il reste cette présence lumineuse, rayonnante, joyeuse sans raison.

Des souvenirs qui ne sont plus, des mirages qui sont apparus et qui se sont évanouis. La pensée perpétue nos histoires, leur donne une continuité, les ravive sans cesse, les entretient.

Intérieurement et extérieurement tout change constamment, tout est en mouvement, sauf l’esprit, après tout il n’y a que l’esprit, il ne reste que l’esprit et on revient toujours à l’esprit, à cette présence radieuse, il n’y a rien d’autre que cela.

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Les histoires s’évanouissent, nos créations mentales s’écroulent, mais on en crée toujours de nouvelles pour se distraire de cette présence, va savoir pourquoi, faut croire qu’on aime ça quelque part, on aime se perdre et se retrouver peut-être, s’agiter pour du vent… mais on revient toujours à rien, au présent, à la présence pure, lumineuse, pleine de clarté, d’énergie, d’amour, de vie.

Peu importe ce qui arrive, tout est toujours neuf, tout est toujours frais, tout est toujours pur, il ne reste que le sourire intérieur, la joie d’être, l’amour et la plénitude de l’esprit.

Compassion

Soudainement, sans vouloir,  le « je » se met en suspension, et cette intelligence est là, comme si l’espace que nous percevons d’habitude était rempli d’une présence intense, sacrée, lumineuse, d’une clarté cristalline, chaleureuse, pleine d’amour, totalement attentive, sans jugement, sans condamnation, d’une intensité et d’une douceur incommensurable.

compassion

Il y avait cet homme qui a fait beaucoup de bêtises dans sa vie, abimé par l’alcool, que beaucoup de monde juge, critique pour son comportement, mais à ce moment-là il n’y avait que cette présence, rien d’autre, et un amour tellement profond que j’en ai encore les larmes aux yeux. Cet homme n’avait alors aucune histoire, il y avait juste cette énergie-présence-intelligence infinis qui inondait l’espace de sa bienveillance sans bornes.

Cet amour ne tient pas compte du passé, tout est déjà pardonné, il ne dépend de rien, il est impersonnel, sans aucune restriction, sans conditions, il est pure compassion, il voit totalement l’autre et l’aime avec une fraîcheur éternelle et bienfaisante.

En fait, dans ces moments-là, il n’y a ni autre ni je, ni deux ni un, ni zéro… il n’y a que ce mystère indéfinissable, indescriptible, cette présence-intelligence-amour parfaite et infinie, elle est la Vie elle-même, elle est nous, nous sommes ses mains.

Libres et responsables

L’Esprit Infini dans lequel tout l’Univers est contenu…tout l’Univers est contenu et crée en ce moment à l’intérieur de l’Esprit Infini et Parfait de Dieu.

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La perfection n’engendre que la perfection et tout est parfait tel qu’il est. L’ignorance de cette perfection absolue est due à notre manque de conscience. Notre manque de conscience est lié à notre état énergétique, à notre manque de sensibilité, à notre façon de vivre, à notre état d’être.

Étant nous-mêmes l’Esprit dans sa propre création, et pouvant participer à l’intérieur de notre propre création au travers d’une infinité d’êtres qui ne sont séparés qu’en apparence, si notre création ne nous plait pas, nous avons la possibilité de la changer.

L’Esprit, quant à lui, crée imperturbablement et de la manière la plus parfaite qui soit l’infinité des mondes pour l’infinité des êtres qui peuplent l’Univers, qui ne sont autre que lui-même, puisqu’il n’y a rien d’autre que lui-même.

Lorsque notre conscience-énergie s’élève, que notre cœur est pur, sincère, nous nous synchronisons avec l’Esprit et les trésors infinis de la création se dévoilent à nous, une beauté infinie qui se renouvelle et qui nous émerveille sans cesse. Nous vibrons alors de tout notre être ébahis par l’absolue perfection du chef d’œuvre qu’est la Vie, et aucun effort n’est requis, tout se fait spontanément, sur le moment, avec une énergie lumineuse, légère, sans fatigue, naturellement, par enchantement.

Nous pouvons nous élever et voir l’absolue beauté du monde, ou nous maintenir dans un état de conscience-énergie congestionné dans lequel nous ne voyons que nos propres projections. Nous sommes totalement libres et responsables, libres même d’être stupides, libres de détruire notre environnement, qui n’est autre que nous. Tout ce que nous faisons à notre environnement nous le faisons à nous, l’environnement est nous, tout ce que nous faisons à un autre nous le faisons à nous-mêmes, il n’y a pas de je, il n’y a pas d’autre, aussi farfelu que cela puisse paraitre.

Joie

D’où vient cette merveille ? D’où vient cette joie ? Ce frétillement sans raison ? Comme si notre essence même était non dépendante des hauts et des bas, des circonstances, des êtres ou des choses, des problèmes ou des difficultés qui se présentent. Comme si au fond, malgré et grâce à tout, l’Être était par essence pure joie.

Cette conscience intense, cette clarté, ce bien-être, cette beauté, cet amour désintéressé, cet humour présent dans les situations les plus difficiles, cette faculté à jouer, à être avec les autres, totalement présent et détaché à la fois, souriant intérieurement et sérieux à l’extérieur, comme partageant les problèmes et les soucis de nos semblables avec un détachement lumineux.

Heureux pour rien, heureux pour tout, ou pour des choses toutes simples, comme les couleurs vivantes et vibrantes qui nous explosent au visage, la lumière sur la rue pavée, le visage des gens, le bonheur de vivre, sans raison, ou peut-être parce que la Vie est d’une beauté à couper le souffle et que, fondamentalement, l’Être est pure joie.

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Océan de Conscience

La vie est un océan infini d’intelligence-conscience-esprit-présence-amour, il n’y a que cela et rien d’autre. Cet océan infini est immergé en lui-même dans une infinité de bulles de conscience. L’océan est nous tous, nous sommes plus que frères et sœurs, nous sommes le même être, la même eau.

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En général on croit être un corps vivant dans un monde matériel, mais c’est une croyance, une illusion. Le corps est conscience, tout ce qui nous entoure, absolument tout, est conscience, la même conscience infinie.

Nous nous leurrons nous-mêmes à cause de la richesse infinie de notre propre création, il y a une infinité de formes différentes auxquelles nous donnons des noms, qu’on définit, qu’on enferme, qu’on emprisonne comme des concepts, on sépare ainsi mentalement les bulles d’eau de l’océan, on voit mais on est aveugles, on ne voit plus l’océan, la Présence qui est tout ce qui est, on est dans l’océan mais on ne voit plus l’eau.

Nous « glissons » ainsi de notre conscience océanique à une conscience plus réduite, dans le trip des bulles d’eau, nous prenant pour ce que nous ne sommes pas, pour tout ce qui est temporaire, qui a un début et une fin, croyant alors que nous sommes nés, que nous allons mourir, que nous sommes notre corps, que nous sommes nos connaissances, nos expériences, que nous évoluons, et tout le cinéma qui va avec.

L’océan est toujours là, présent, il n’y a que de l’eau, sauf que nous sommes dans un trip collectif, ça nous occupe tellement qu’on ne voit plus l’océan, et dans le trip des bulles d’eau certaines se demandent même si l’eau existe ou disent que l’eau n’existe pas, d’autres cherchent l’eau alors qu’il n’y a que de l’eau partout, qu’elles sont elles-mêmes de l’eau. Tout cela crée des tonnes de théories, de livres, de débats, ou de guerres à n’en plus finir, ce n’est que de l’agitation.

La goutte est dans l’océan, l’océan dans la goutte, il n’y a que de l’eau. Le corps est dans la conscience infinie, la conscience infinie dans le corps, il n’y a qu’intelligence-conscience-esprit-présence-amour infinis.

L’Esprit génère le monde et est le monde, disons qu’il est comme un réservoir de créativité inépuisable, et ce que nous percevons n’est que la micro-pointe de l’iceberg sans limites.

C’est comme si les apparences étaient tout le contraire de qui les génère, bien que les apparences et ce qui les génère sont un. L’Esprit a un potentiel infini, il est éternel, ni début ni fin, ni haut ni bas, pas de forme, pas de limites, sans relation et, dans les apparences, dans ce qu’il manifeste, il y a une infinité d’êtres en relation, en interaction, une infinité de formes qui naissent et qui meurent, de l’espace, de la distance, des limites.

On peut dire que l’Esprit projette le film de ce qu’il n’est pas et joue tous les rôles au sein de son propre film. Il est le réalisateur, le metteur en scène, les acteurs, les objets, l’espace, et tout ce qui est. Il est comme la lumière qui projette le film, il est le film et au-delà du film, ce qui est vu à l’écran c’est la même lumière, mais il y a plein de formes, de personnages, d’histoires.

Pour résumer, nous et tout ce qui nous entoure est le même Être, mais les apparences nous donnent l’illusion qu’il y a une infinité d’êtres, de choses différentes, de formes qui apparaissent et disparaissent, vont et viennent, toujours en mouvement.

Notre désarroi vient du fait que nous nous prenons pour des formes temporaires, pour le corps, nous sommes focalisés sur la surface et occultons ainsi notre essence commune, l’eau, le même Être, éternel, source de bonheur absolu, que rien ne peut altérer, changeant continuellement de forme en surface tout en restant inchangé dans son essence parfaite, et créant perpétuellement, avec un amour et un humour sans bornes, une infinité d’aventures au sein de lui-même.