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Désillusion

Une forme que l’on nomme femme et une autre que l’on nomme homme engendrent une nouvelle forme que l’on nomme bébé, ce bébé avait d’abord l’apparence d’un spermatozoïde puis d’un fœtus avant de sortir de la forme appelée femme.

Le bébé pèse un certain poids, est catégorisé comme mâle ou femelle, puis de telle ou telle religion, de telle ou telle classe sociale, on lui donne un numéro d’identité et sa forme va se transformer avec le temps, de bébé en enfant, puis adolescent, adulte, vieillard, jusqu’à sa dissolution que l’on appelle la mort.

Mais on parle de la naissance et de la mort de qui finalement ?

On croit que quelqu’un est né, on a donné un nom à ce quelqu’un, une identité. Le bébé va grandir, s’imprégner de son environnement, il va absorber des croyances, des avis, un parti politique ou pas, une religion, philosophie, ou pas, il croit ceci ou cela, réagit à ceci ou à cela en fonction de ses expériences et tout cela crée une entité, une personne, un égo.

Chaque personne ainsi mentalement crée se distingue des autres par son apparence, son conditionnement, ses croyances, avis, souvenirs, passions, loisirs, travail, etc. Non seulement une distinction mentale se fait entre ce que l’on croit être « je » et « autre », mais la plupart croient être cette distinction mentale, illusoire.

La grande majorité des êtres humains reste ainsi à la surface des choses, et cette surface changeant perpétuellement est amplement suffisante pour avoir des relations, parler indéfiniment de ci ou de ça, et vivre de l’apparition à la dissolution du corps sans vraiment se poser des questions sur la nature de ce qui est véritablement.

Parmi cette masse certains s’étonnent d’être, souffrent, ou veulent tout simplement comprendre, savoir de quoi il s’agit, qui ils sont véritablement, ils se mettent alors à se poser des questions sur l’origine de la vie ; qu’est-ce que c’est que tout cela, d’où je viens, où vais-je, etc. Cela va créer un chercheur, une quête, la personne va chercher de quoi il s’agit. Ce chercheur va observer et s’observer, faire de la psychologie, commenter, se juger, vouloir s’améliorer, il va lire, étudier, ingérer des plantes, méditer pour trouver la paix ou atteindre ceci ou cela, tout ce qu’il jugera nécessaire pour trouver des réponses à ses questions. Il dira qu’il a appris ceci ou cela, qu’il a amélioré ceci ou cela, qu’il lui reste encore ceci ou cela pour atteindre son objectif, ses croyances vont s’affiner, un jour il a vu ceci ou cela, alors il va croire ceci ou cela, et cette étape de chercheur peut ainsi durer longtemps, sans cesse à la recherche de nouvelles expériences, de nouvelles découvertes, des nouveaux points de vues sur sa vie et ce qu’il vit. Il dira peut-être qu’il y a le Grand Esprit, que l’on est des âmes, qu’il y a des anges, la réincarnation et ceci et cela.

Puis vient la fin de la dualité « chercheur-cherché », la fin de la recherche et du chercheur qui cherchait l’Absolu ailleurs, dans les expériences phénoménales, dans le changeant ou dans les effets spéciaux alors qu’il est notre nature même. Tout s’effondre alors, le chercheur et la quête disparaîssent et on est libres, libres de l’idée de qui nous croyions être, un personnage. Cet idée peut cependant encore avoir une certaine influence pendant un moment, comme un poulet bouge encore après qu’on lui ait coupé la tête, on peut se laisser emporter par des habitudes, des schémas, mais peu à peu tout se dissout, comme un glaçon d’illusions fondant dans l’eau chaude.

Depuis toujours nous étions le pur Esprit-Conscience qui voyait tout cela et qui est tout cela, dans lequel toutes ces histoires ont eu lieu, qui n’est jamais né, qui ne mourra jamais, et nous étions cela même que nous cherchions, sans le savoir, sans le reconnaître, on l’ignorait alors qu’il n’y a finalement rien que cela et qu’il n’y a rien de plus évident.

On croyait être quelqu’un et on s’est libéré de la croyance d’être quelqu’un, nous ne sommes pas quelqu’un qui est né et qui va mourir, nous ne sommes pas des âmes, nous sommes la Vie, éternelle, qui n’est jamais née, qui ne mourra jamais, nous sommes ce Mystère, cet Esprit Infini, Parfait, cette Êtreté-Conscience éternelle, sans laquelle rien n’existerait, débordant d’amour, de joie, d’humour, de sagesse, de paix, telle est notre véritable nature.