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Ce qui est

Dans le fou qui parle dans la rue la nuit, dans le tram le matin, dans les abeilles qui butinent les fleurs, dans le ciel, les nuages et les montagnes, dans la lune et dans tes yeux, ce n’est que Dieu que je vois.

Qu’est-ce qu’il y a à dire là ? Puisqu’il n’y a rien, personne, pas d’histoires, pas de problèmes, rien qui se passe, que la pureté et la splendeur infinie de l’Être.

En surface, ça bouge, ça fait ceci ou cela, spontanément, sans quelqu’un qui le fasse, et tu vois tout, émerveillé, il n’y a que béatitude, un silence sacré.

Mais les guerres tu me diras, et toutes les horreurs du monde ? Ce n’est que le mental qui essaie de te ramener à ce qui n’est pas.

Être ou croire être

Ce que nous appelons espace est la distance que nous mesurons entre les formes qui nous semblent distinctes, ce que nous appelons temps est le mouvement de ces formes que nous distinguons les unes des autres dans l’espace, mais il n’y a ni espace ni temps, nous le croyons.

Quand une forme apparaît nous appelons cela la naissance, quand une forme disparaît nous appelons cela la mort, nous croyons qu’il y avait là quelqu’un qui est né et qui est mort, mais personne ne naît ni ne meurt, rien n’apparaît ni disparaît, nous le croyons parce que nous croyons être une forme impermanente.

Nous croyons être des formes, nous croyons être des individus séparés, nous ne sommes pas ce que nous croyons être mais nous vivons nos croyances et tout ce qu’elles génèrent.

La forme de l’Esprit change perpétuellement mais c’est toujours le même Esprit, nous sommes cette Intelligence éternelle, tout est cela, absolument tout, mais nous nous identifions davantage à une forme personnelle, éphémère, et cette ignorance de notre Être véritable engendre une sorte de réalité virtuelle remplie d’images, de concepts, d’égoïsme, de conflits, d’exploitation, de peur, d’agitation et autres pitreries.

Joie

D’où vient cette merveille ? D’où vient cette joie ? Ce frétillement sans raison ? Comme si notre essence même était non dépendante des hauts et des bas, des circonstances, des êtres ou des choses, des problèmes ou des difficultés qui se présentent. Comme si au fond, malgré et grâce à tout, l’Être était par essence pure joie.

Cette conscience intense, cette clarté, ce bien-être, cette beauté, cet amour désintéressé, cet humour présent dans les situations les plus difficiles, cette faculté à jouer, à être avec les autres, totalement présent et détaché à la fois, souriant intérieurement et sérieux à l’extérieur, comme partageant les problèmes et les soucis de nos semblables avec un détachement lumineux.

Heureux pour rien, heureux pour tout, ou pour des choses toutes simples, comme les couleurs vivantes et vibrantes qui nous explosent au visage, la lumière sur la rue pavée, le visage des gens, le bonheur de vivre, sans raison, ou peut-être parce que la Vie est d’une beauté à couper le souffle et que, fondamentalement, l’Être est pure joie.

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