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Mirroir

C’est incroyable à quel point le monde est un miroir de notre état actuel, de notre esprit. Le monde c’est nous, c’est notre reflet, notre esprit, notre création, et nous vivons dans notre création.

Je ne connais absolument personne, y compris moi-même. Je me crée, je crée les autres, je nous donne un sens, des qualités, des attributs, des limites. Nous devenons alors comme des concepts, des définitions, nous disons que nous nous connaissons. Nous ne connaissons que nos propres projections ou celle des autres. J’ai une image d’un autre, une image de moi-même, pareil pour l’autre, et nous interagissons dans le champ rassurant de ces images.

Pour vivre ensemble nous créons des règles auxquelles nous croyons et obéissons, des règles qui se superposent à la réalité. Ce ne sont que des constructions mentales. Il n’y a rien d’autre que l’Esprit, la vie est un jeu de l’Esprit, et cet Esprit est pure intelligence, amour, joie, humour, paix, il crée ce qui est à chaque instant. Quand j’embrasse « ma » chérie, je m’embrasse moi-même, je ris avec moi-même, nous sommes le même Esprit qui joue à être deux.

C’est trop bien fait, parfait, tellement bien fait qu’il m’arrive de tomber dans le piège, de cristalliser certaines choses, des êtres, de me perdre, de rentrer dans un gros trip qui peut durer de quelques secondes à quelques jours, et je finis par me sentir tellement mal, étouffé, que j’explose et tout se remet en place, c’est de nouveau frais comme au premier jour, ouvert, spacieux, lumineux, clair, léger.

La vie est un mouvement permanent, une création perpétuelle, tout est toujours nouveau, rien ne peut-être figé. Notre esprit coule avec la vie, comme un fleuve. Ce n’est pas grave si on stagne un peu ou si on se perd, tôt ou tard on dansera avec le courant, plus ou moins fluidement, les nuances sont infinies.

Et dès qu’on se dit quelque chose, une tension se met en place et c’est déjà un piège. Si je me dis, par exemple « je dois couler avec la vie », je vais imposer cela à mon esprit, l’imprimer sur mon esprit, en faire comme une règle, suivre un concept, et c’est déjà « faux », on se met des œillères, c’est comme une fermeture, il n’y a pas de méthodes, pas de direction, pas de chemin qui mène à cet instant.

Attention avec les mots, attention avec la pensée, attention, même quand on part dans un trip… quand on se perd on apprend beaucoup aussi, et il faut souvent passer par là pour revenir à rien, à la fraîcheur de l’instant, plus sage que jamais.

Revenir à rien, revenir à l’instant, à la présence, revenir à soi, éveillé, ouvert, avec un esprit réceptif, comme un enfant, c’est tout.