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Essence

Sur cette sublime planète la plupart des humains parlent d’amour en parlant d’exploitation mutuelle, de possession, de jalousie, de désir, d’attirance, de sexe, d’attachement, de manque, de peur de perdre, de ne pas être au centre de l’attention de l’autre, d’en exiger quelque chose, ou bien on aime l’autre pour une ou des raisons particulières, tout cela n’a rien à voir avec l’amour.

L’amour ne demande rien du tout, il est, il rayonne, ne choisit pas, agit avec sa propre intelligence, en dehors de l’activité mentale, dans l’amour il n’y a ni autre ni soi.

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L’amour est l’intelligence suprême, et de cette intelligence jaillit une action spontanée débordante d’une chaleur lumineuse qui imprègne l’être dans sa totalité, une action dégageant une énergie fluide, douce, lumineuse, légère, harmonieuse, pleine de joie et d’humour, une intelligence infiniment au-delà de la pensée, de la morale, de l’éthique et de tout ce que le mental peut concevoir comme convenable.

Être-Amour est notre pure essence, notre nature, et cette nature peut atteindre une intensité impensable, inimaginable, où l’énergie coule à flots,  d’une richesse infinie, d’une subtilité divine, d’une sensibilité extraordinaire, explosant de vie dans le présent, complètement libérée du passé ou du futur, qui ne veut rien, qui ne désire rien, qui ne cherche rien, qui ne s’identifie à rien, dans laquelle tout est un et sacré, frais, nouveau, lumineux et exquis, un ravissement infini et éternel que rien ne peut égaler ni corrompre.

Que reste-t-il ?

Que reste-t-il de toutes nos histoires ? Rien. On revient toujours à rien, sans désir, sans attachement, sans passé, sans futur, il reste cette présence lumineuse, rayonnante, joyeuse sans raison.

Des souvenirs qui ne sont plus, des mirages qui sont apparus et qui se sont évanouis. La pensée perpétue nos histoires, leur donne une continuité, les ravive sans cesse, les entretient.

Intérieurement et extérieurement tout change constamment, tout est en mouvement, sauf l’esprit, après tout il n’y a que l’esprit, il ne reste que l’esprit et on revient toujours à l’esprit, à cette présence radieuse, il n’y a rien d’autre que cela.

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Les histoires s’évanouissent, nos créations mentales s’écroulent, mais on en crée toujours de nouvelles pour se distraire de cette présence, va savoir pourquoi, faut croire qu’on aime ça quelque part, on aime se perdre et se retrouver peut-être, s’agiter pour du vent… mais on revient toujours à rien, au présent, à la présence pure, lumineuse, pleine de clarté, d’énergie, d’amour, de vie.

Peu importe ce qui arrive, tout est toujours neuf, tout est toujours frais, tout est toujours pur, il ne reste que le sourire intérieur, la joie d’être, l’amour et la plénitude de l’esprit.

Appréciation

Parler de hautes ou de basses fréquences, de hauts et de bas sentiments… il n’y a pas de plus ou de moins, tout est nécessaire. Plus notre énergie est grande moins il y a de pensées parasites, et plus notre énergie est basse plus les pensées nous assaillent.

Quand notre énergie est haute, on peut chuter d’un seul coup, nous ne sommes jamais à l’abri de rien, tout est incertain. Et souvent, chuter nous fait un bien fou, parce que quand on est très haut, il y a le danger de se sentir invincible, que tout est possible, ce qui est vrai d’une certaine façon, mais il peut nous arriver de prendre à la légère la souffrance des autres, de se désensibiliser de ses semblables, de ne pas être touché, vulnérable, de ne plus vouloir prendre le temps d’aider un proche qui traverse une phase difficile, comme si tout pouvait se régler un claquement de doigts, ce qui est aussi vrai, rires, mais pas toujours, et pas pour tout le monde.

Oui, ça nous fait un bien fou de chuter, d’avoir des pensées qui nous tourmentent, des blessures, d’être vulnérable. Et quand ça nous arrive, si nous sommes très attentifs, sans chercher à penser, à mettre de l’ordre, juste sentir, c’est extraordinaire. C’est extraordinaire d’être blessé, de ressentir la tristesse, c’est beau, c’est comme regarder un merveilleux coucher de soleil. On ressent, tout simplement, sans lutter, sans penser à quoi que ce soit, calmement, on apprécie la sensation, on la laisse vivre en nous, comme une amie qui passe chez soi.

Une fois que la sensation est passée, une autre vient, la joie tiens. C’est cool, on écoute la musique dans la rue, l’énergie frétille, on danse. Et ainsi de suite. L’important est, je crois, de ne s’attacher ni à la tristesse, ni à la joie, de ne pas vouloir emprisonner la tristesse ni la joie. Nous sommes vides, pur esprit, il y a de l’espace, des choses passent, occupent cet espace un moment, et s’en vont. Les problèmes ont lieu quand on devient accro à une de ses sensations, qu’on essaie de la reproduire, ou de l’empêcher de partir, c’est le début de l’action, de l’agitation, de la perte de soi. Ce n’est même pas un problème de se perdre, c’est simplement un message, un signal qui nous dit: « eh, attention, tu t’égares ! », et s’égarer est si amusant en même temps, tout est si drôle, léger.

Bref, le serpent se mord la queue avec le langage, ce que je voulais dire finalement, c’est qu’on apprécie autant l’extase que la tristesse, les hautes fréquences autant que les basses, même si haut et bas ne veut plus rien dire. Évidemment, des fois on s’emporte, des fois on se perd, des fois on divague, des fois on en fait trop, mais tout ça est un miracle, une célébration, je parle d’embrasser la vie dans sa totalité, d’une relation d’amour avec l’existence, d’apprécier chaque moment.

Quelle liberté… les réactions, les réponses à ce qui nous arrive, nos interactions, la lumière, les sons, les sens… les combinaisons sont infinies et chaque instant est une fleur qui ne demande qu’à s’épanouir pour nous révéler sa beauté.

Tout a un sens, tout nous parle.