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Ce qui est

Dans le fou qui parle dans la rue la nuit, dans le tram le matin, dans les abeilles qui butinent les fleurs, dans le ciel, les nuages et les montagnes, dans la lune et dans tes yeux, ce n’est que Dieu que je vois.

Qu’est-ce qu’il y a à dire là ? Puisqu’il n’y a rien, personne, pas d’histoires, pas de problèmes, rien qui se passe, que la pureté et la splendeur infinie de l’Être.

En surface, ça bouge, ça fait ceci ou cela, spontanément, sans quelqu’un qui le fasse, et tu vois tout, émerveillé, il n’y a que béatitude, un silence sacré.

Mais les guerres tu me diras, et toutes les horreurs du monde ? Ce n’est que le mental qui essaie de te ramener à ce qui n’est pas.

La création mentale

La Vie est simple si on l’observe en tant que totalité et non de manière fragmentée. Dans sa totalité on voit que ce que l’on appelle l’Univers est une forme en mouvement perpétuel, en constant renouvellement, des formes y apparaissent et disparaissent comme dans l’océan des vagues apparaissent et disparaissent.

On peut mentalement diviser la forme universelle en une infinité de formes auxquelles on donne un nom, comme on peut diviser l’océan en une infinité de gouttes auxquelles on peut également donner des noms.

La forme universelle comprend l’espace, le temps, les galaxies, les étoiles, les trous noirs, les planètes, les continents, les forêts, les volcans, les humains, les pensées, émotions, sentiments, ou encore les escargots. Et on peut  même mentalement diviser l’escargot en une infinité de cellules, nerfs, hormones, bactéries, globules rouges, ou blancs, auxquels nous pouvons également donner des noms.

Imaginons que ce sont nos yeux qui observent cette scène. Le mental peut la diviser en d’innombrables formes séparées les unes des autres auxquelles il donne un nom. Il dira par exemple qu’il y a ici, derrière les yeux, quelqu’un s’appelle Nicolas qui observe là-bas deux femmes. Il dira que l’une d’entre elles s’appelle Jocelyne, l’autre Mireille. Nicolas est secrètement amoureux de Jocelyne, 21 ans, étudiante en arts visuels, catholique et, malheureusement pour Nicolas, elle vit avec un certain Kevin. Kevin est athée, travaille dans la finance, adore le tennis et vote plutôt à droite. Mireille quant à elle est thérapeute, s’intéresse à l’ésotérisme, fait du yoga et joue de la harpe. Le mental ajoutera qu’il y a là également le ciel, des nuages, des montagnes enneigées, un lac, des rivières, des arbres, des pierres, de l’herbe, et ainsi de suite à l’infini.

De cette manière le mental crée des images-concepts de tout ce qui est perçu et divise la totalité en une infinité de parties avec lesquels il joue, il prend cela pour la réalité et y croit fermement jusqu’à partir en guerre pour la défendre. Cette création mentale perpétuelle se surimpose sur la Vie et s’y est même substitué, elle génère une réalité virtuelle, un monde dans le Monde. Les pensées jouent sans cesse avec ces concepts-images-croyances et du même coup participent à les renforcer, nous créons ainsi notre propre conditionnement, nous percevons ce que nous croyons et nous sommes ce que nous croyons être.

Le mental est sans cesse changeant, un coup c’est ci, un coup c’est ça, tout peut basculer en lui en l’espace d’une seconde. Il fabrique continuellement de nouveaux concepts, images, définitions, ou bien met les précédents à jour en fonction des événements passés, présents ou qu’il prévoit dans le futur.

Non seulement nous créons et entretenons mentalement la réalité, nous mettons dans des cages conceptuelles tout ce que nous percevons, mais nous avons aussi crée celui ou celle que nous croyons être. Parfois étouffé par sa propre création, le mental veut sortir de sa propre cage et pour cela il crée une autre cage que l’on appelle généralement la spiritualité avec la cohorte d’anges, de démons, cartes, pratiques, stages, séminaires, psychologues, thérapeutes, gurus ou chamanes.

En étant simplement conscients de ce processus en nous, la création mentale s’effondre et il ne reste plus que l’Esprit dans sa pureté originelle, mystérieux, merveilleux, infini, les formes que nous percevons retrouvent leur unité, leur liberté, leur nature lumineuse, leur essence commune.

Que reste-t-il ?

Que reste-t-il de toutes nos histoires ? Rien. On revient toujours à rien, sans désir, sans attachement, sans passé, sans futur, il reste cette présence lumineuse, rayonnante, joyeuse sans raison.

Des souvenirs qui ne sont plus, des mirages qui sont apparus et qui se sont évanouis. La pensée perpétue nos histoires, leur donne une continuité, les ravive sans cesse, les entretient.

Intérieurement et extérieurement tout change constamment, tout est en mouvement, sauf l’esprit, après tout il n’y a que l’esprit, il ne reste que l’esprit et on revient toujours à l’esprit, à cette présence radieuse, il n’y a rien d’autre que cela.

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Les histoires s’évanouissent, nos créations mentales s’écroulent, mais on en crée toujours de nouvelles pour se distraire de cette présence, va savoir pourquoi, faut croire qu’on aime ça quelque part, on aime se perdre et se retrouver peut-être, s’agiter pour du vent… mais on revient toujours à rien, au présent, à la présence pure, lumineuse, pleine de clarté, d’énergie, d’amour, de vie.

Peu importe ce qui arrive, tout est toujours neuf, tout est toujours frais, tout est toujours pur, il ne reste que le sourire intérieur, la joie d’être, l’amour et la plénitude de l’esprit.

Pourquoi ?

Le pourquoi est superflus je crois, il n’y a pas d’autre but à la vie que de vivre, tout est fait pour vivre, vivre, vivre est un miracle, un miracle. Et si on arrive à saisir le miracle d’être, à s’émerveiller des choses les plus banales, il n’y a plus de pourquoi, c’est juste une pure œuvre d’art à laquelle on participe, gratuitement, pour le jeu, pour l’amour de vivre.

C’est en même temps un jeu, drôle, et c’est en même temps sérieux, réel et une illusion, il faut beaucoup d’amour et de détachement car tout se crée et se détruit sans cesse, se renouvelle à l’infini. C’est que l’Esprit qui crée tout ça a un potentiel INFINI, c’est une Intelligence sans bornes, insaisissable, qui crée tout ça gratuitement, on ne peut en capter que des bribes et déjà c’est l’extase, sublime beauté, bonté, qui nous fait couler des larmes d’amour, nous n’avons aucune crainte à avoir, aucune peur, aucun regret, aucun espoir, juste jouir de la vie, se dépouiller de nos illusions, savourer, se régaler, être des instruments de l’Amour de Dieu, apprécier chaque instant, le blanc comme le noir, les hauts comme les bas, nous épanouir comme bon nous semble, tout participe à notre épanouissement, l’Amour de la Vie est INFINI, nous sommes chéris à chaque instant, relax, tranquille, tout est parfait, tout ira bien, l’aventure est infinie, comme les merveilles qui nous attendent, pour l’éternité.

La Terre est une escale de passage, nous ne sommes pas nos corps, le corps est un vêtement organique qui nous permet d’expérimenter les choses de cette manière, de voir ces couleurs, ces formes, d’avoir des émotions, des sentiments parfois contradictoires, des pensées, de vivre toute la richesse et la palette infinie de la forme humaine. L’Intelligence qui crée l’Univers, qui n’est qu’une infime manifestation de son Infinité, cette Intelligence est nous-mêmes. Nous ne sommes pas séparés, la séparation est une illusion, cette illusion permet le jeu d’être deux, plusieurs, échanger, partager, c’est un pur délire divin, gratuit, si beau, si drôle ! Mais pas forcément facile, heureusement, il y a des défis à la mesure de chaque être.

Tout est déjà parfait, l’a toujours été et le sera toujours.